Frédéric Lestrade : "Un sujet qui me touche beaucoup"

En près de vingt ans de bons et loyaux services, Frédéric Lestrade, alias "Poupoune", aura tout connu à l'USM : les très bonnes, comme les plus mauvaises heures du club. Après la cruelle défaite contre Lannemezan (26-27), l'emblématique deuxième ligne de 34 ans, profondément affecté par la situation actuelle, a accepté de prendre la parole. Entretien à coeur ouvert 
 
 
Fred, l’USM a essuyé ce week-end sa première défaite à domicile de la saison face à Lannemezan (26-27), après avoir notamment mené 17-7 à la mi-temps. Quel est ton sentiment après cette rencontre ?
 
On a donné le bâton pour se faire battre, et c’est un problème qui est récurrent chez nous. Ce n’est pas faute de le dire, pourtant… Ce n’est pas parce qu’on est dépassés qu’on encaisse des essais, mais parce qu’on sort du match tout seuls. On oublie nos schémas, ou oublie de plaquer, on oublie de soulever… C’est dommage car on a vraiment les moyens.
 
Vous avez fait forte impression durant les 40 premières minutes avant de totalement déjouer après la pause. Comment expliques-tu ce contraste entre les deux mi-temps ?
 
On n’a pas suffisamment respecté les consignes. On est dans la réaction plutôt que d’être dans l’action. Au lieu de prendre le jeu à notre compte, on attend de prendre des points pour se réveiller. Mais parfois c’est trop tard.
 

 "J’aimerais qu’on nous laisse travailler, qu’on nous encourage au lieu de nous détruire. Et comme on dit, c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens"

 
On a vu le stade se figer en seconde période, lors du retour au score de Lannemezan. Quelques noms d’oiseaux se sont même échappés de la bouche de certains. Qu’aurais-tu à dire aux supporters ?
 
C’est un sujet qui me touche beaucoup. À mon avis il n’y a que très peu de supporters à Marmande. On se sent soutenus par certains, c’est sûr, mais on se sent surtout découpés, insultés même quand les résultats ne sont pas là. Je crois qu’on a les plus grands entraîneurs dans les tribunes. De grands donneurs de leçons qui, pour la plupart, n’ont jamais joué au rugby de leur vie. Ça m’attriste car la plupart sont des Marmandais. Ils doivent penser que c’est comme ça qu’on encourage…
 
On fait de notre mieux, vraiment. Les recrues sont de qualité, mais tout le monde pense que comme il y a Pierre, Paul ou Jacques dans notre effectif on va devenir champions du monde. Personne ne semble se souvenir qu’on s’est maintenus sur tapis vert la saison dernière… Moi j’aimerais qu’on nous laisse travailler, qu’on nous encourage au lieu de nous détruire. Et comme on dit, c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens.
 

"À un moment il faut savoir dire stop"

 
Un petit mot sur Pierre Marmié, ton partenaire de la deuxième ligne, promu capitaine à seulement 21 ans ?
 
Être capitaine à 21 ans ça ne me choque pas si la personne en a le profil. Pierre est un très bon joueur, volontaire, bosseur, qui prend la parole au sein du groupe. C’est un leader qui s’implique mais qui sait aussi se remettre en question. S’il a le capitanat c’est qu’il le mérite. Il représente l’avenir de ce club, tout simplement.
 
Il a encore beaucoup à apprendre et c’est mon rôle de l’épauler et de le protéger quand je suis sur le terrain, car il est plus exposé qu’avant. Mais je ne m’inquiète pas pour lui, il a toutes les qualités pour s’imposer durablement comme un leader de cette équipe, où une place va se libérer la saison prochaine.

Tu disputes donc ta dernière saison sous le maillot de l’USM ?
 
Je pense que oui, ça sera la dernière à Marmande. À un moment il faut savoir dire stop. Je prends beaucoup de place, on se repose beaucoup sur moi, mais si l’USM veut rebondir elle doit le faire avec du sang neuf. J’aime profondément ce club et je crois que c’est la meilleure chose à faire pour lui permettre d’avancer.  
 
 
 
 
 
 
 
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