Mission accomplie !

Mission accomplie ! 

 
Il est 17h10 au stade Kechiloa quand Mickaël Becat balance la gonfle en touche, sur une ultime pénalité sifflée à l’avantage de l’USM. L’arbitre de la rencontre, M. Martin, porte le sifflet à la bouche. Les trois coups retentissent. Les bras au ciel, les Marine et Blanc exultent : après cinq années de disette, les voici de nouveau qualifiés pour les phases finales, au terme de 80 minutes d’un rude combat chez le leader Saint-Jean-de-Luz. La défaite (15-14) est anecdotique sachant qu’un seul point suffisait pour s’ouvrir les portes de la qualification.
 
Au niveau de l’adversité
 
Mais on commence à le savoir : calculer n’est pas vraiment dans l’ADN de cette équipe, de ce groupe, qui s’est construit dans l’envie de jouer et de prendre du plaisir sur le terrain. Alors les Marmandais ont pris soin d’éviter les comptes d’apothicaire, rentrant dans cette partie avec la ferme intention de s’imposer. Mickaël Becat annonçait la couleur d’entrée, d’un drop impeccable des 40 mètres (0-3, 1ère). Les visiteurs faisaient même la course en tête à la mi-temps, grâce à un essai plein de hargne de Brahim Baffou (8-11, 40ème+1). Dans la lignée des deux dernières sorties à domicile, l’USM a proposé une opposition de grande qualité face à un prétendant déclaré à la Fédérale 1.
 
Meilleure attaque de la poule, Saint-Jean-de-Luz est resté fidèle à ses principes, récitant ses gammes en vue des phases finales. Les hommes de Serge Milhas, assurés de la première place quel que soit le résultat, n’ont eu de cesse de jouer à la main, créant constamment du danger dans la défense adverse. Devant la répétition de ces velléités offensives, le verrou marmandais a été forcé à deux reprises, d’abord par le demi de mêlée Alliot, après un bonheur de séquence (5-3, 9ème), puis par l’arrière Miura, bien intercalé dans sa ligne de trois-quarts (15-14, 56ème). 
 
Rien à perdre
 
Il n’empêche ; dans cette rencontre plaisante à regarder, les Marmandais auraient tout aussi bien pu l’emporter en se montrant plus réalistes dans leurs temps forts. Deux groupés pénétrants (25ème, 53ème) étaient notamment tout près d’aller à dame. À la 74ème minute, il ne manquait pas plus de centimètres à Benoit Broudiscou, parti petit côté sur une mêlée à 5 mètres, pour faire la différence. Devant, les gros ont bataillé sévère dans les rucks pour conserver la possession du ballon, à l’image d’un Jérémy Barès rentré plein badin dans le match. Seule ombre au tableau, la touche, souvent contrariée par la lecture de Sergio Valdès, et privée de précieuses munitions à des moments charnières.
 
Insuffisant, toutefois, pour gâcher le bonheur des troupes de Nicolas Matéos et Anthony Saint-Loubert, décidées à prolonger l’aventure, tous ensemble. En seizième de finale se dressera l’équipe de Saint-Sulpice-sur-Lèze, un autre ex-pensionnaire de F1, qui a outrageusement dominé sa poule – 14 victoires en 18 sorties. Que risque Marmande dans cette double confrontation, qui sonne comme une délivrance après plusieurs saisons au purgatoire ? Un an auparavant, quasiment jour pour jour, elle était reléguée sportivement en Fédérale 3 après une raclée reçue à Orthez. En avril 2013, c’est sur ce même pré luzien de Kechiloa qu’elle disait adieu à la Fédérale 1.
 
Non, dans ces play-offs, cette équipe, qui sait d’où elle vient, n’a absolument rien à perdre. Et c’est probablement la configuration qui lui sied le mieux. 
 
 

Dur pour la Fédérale B

En lever de rideau, la Fédérale B a subi la loi d’une équipe de Saint-Jean-de-Luz sûre de son rugby, et qui leur a passé la bagatelle de douze essais. Le score est lourd, trop lourd (0-78) pour cette jeune équipe partie à seulement 18 joueurs compte tenu de l’absence de nombreux éléments (Larrey, Cardoit, Sogno, Palacin, Masin…) et qui s’est battue avec ses armes. Triste sort d’une équipe réserve qui a payé, toute la saison, les pots cassés des innombrables blessures qui ont handicapé l’effectif Senior. Mais qui clôture néanmoins ce pénible exercice à la 7ème place du classement, avec 4 victoires dont 3 bonifiées.
 
Hommage mérite d’être rendu aux protégés de Mickaël Guérin et Eric Artifoni, surtout à ceux qui ont toujours répondu présent malgré les grosses claques reçues chez les cadors de la poule.
 
L'équipe : Lenze – Chalon, Bau, Mazak, Dabire – Graniczny (o), A. Fédrigo (m) – Barberin, Zanini, Dureau – De la Marnierre, Guillonneau – Fontanet (cap), Pairoys, Joiret.
Remplaçants : Suspène, Rigodanzo, M. Broudiscou.